Tzuk Kim-Pop et TDHF unissent leurs forces pour l’accès à l’eau
- Terre des Hommes France
- 2 juin
- 3 min de lecture
Au Guatemala, dans la communauté rurale de Cieneguita, l’accès à une eau propre et sûre est un défi quotidien. Face à cette réalité, le mouvement Tzuk Kim-Pop, partenaire de Terre des Hommes France depuis plus de 15 ans, a lancé un projet pilote ambitieux : "Les Gardiens de l’Eau". Rencontre avec Henry Morales, directeur de l’organisation, pour comprendre comment ce projet allie innovation technique, éducation et solidarité internationale pour garantir un accès durable à cette ressource vitale.
Un partenariat ancré dans la justice environnementale
Depuis plus de 15 ans, le mouvement Tzuk Kim-Pop et Terre des Hommes France collaborent pour promouvoir les droits humains, la justice économique et la justice environnementale au Guatemala. Leur mission ? Trouver des solutions durables aux problèmes liés à l’eau, une ressource de plus en plus rare et menacée dans le pays.
Henry Morales, directeur de Tzuk Kim-Pop, explique :
« Nous travaillons fondamentalement sur des alternatives pour apporter des solutions aux problèmes liés à l’eau. À l’heure actuelle, nous mettons en œuvre un projet pilote lié à l’aquaponie et à l’eau, que nous avons baptisé "Les Gardiens de l’Eau". Nous l’avons appelé ainsi car nous estimons que nous devons être des observateurs vigilants de ce qui arrive à cette ressource naturelle, indispensable à la vie, et qu’il faut la protéger. »
"Les Gardiens de l’Eau" : un projet global pour une communauté en difficulté
Le projet se déroule dans la communauté de Cieneguita, dans le département de Huehuetenango, une zone profondément rurale où vivent des populations autochtones défavorisées. Les habitants y subissent de sévères restrictions d’accès à l’eau : manque d’eau potable, difficultés pour irriguer les cultures, et pollution des sources naturelles.

1. Protection de la source d’eau : une priorité absolue
La première phase du projet, d’une durée de trois ans, se concentre sur une source d’eau locale, dont les abords sont fortement pollués par les eaux usées. Henry Morales détaille les actions mises en place :
« Une grande partie des eaux usées contaminées se déverse dans le bassin de la source. C’est pourquoi nous avons déjà entamé un processus de drainage : nous allons drainer la zone pour éviter que toutes les eaux polluées venant de l’extérieur ne s’infiltrent dans la source. Ensuite, des aménagements appropriés seront construits autour de la source. L’objectif est de protéger l’eau, de mettre en place un drainage pour l’isoler des polluants, puis de bâtir une structure pour que l’eau puisse s’y concentrer, être retenue et canalisée. »
Pour rendre ce lieu vivant et pédagogique, une aire de jeux pour enfants sera aménagée autour de la source :
« L’idée est qu’autour de cette source d’eau, les enfants puissent jouer, vivre ensemble et apprendre, dès le plus jeune âge, à partager avec la nature. »
2. Formation en hydroponie : vers une autonomie locale
Parallèlement, des ateliers de formation en hydroponie seront organisés pour les groupes ruraux de la région. L’objectif ? Sensibiliser les populations à des méthodes écologiques pour cultiver avec moins d’eau, tout en garantissant une eau propre et durable.
« Nous voulons que la population puisse non seulement participer, mais aussi s’approprier ces processus novateurs pour la région. Nous sommes encore dans une phase d’apprentissage, mais nous pensons que cela va se transformer en une véritable alternative face aux problèmes de pénurie d’eau existants. »
3. Jumelage scolaire : un pont entre le Guatemala et la France
Enfin, le projet inclut un processus d’échange entre écoles de la région de Huista (notamment San Antonio Huista) et des écoles en France, comme l’école Charles Gounod au Mans ou l’école Sainte-Marie de Louverné en Mayenne. Ce jumelage vise à créer un lien direct entre les enfants des deux pays, autour de thèmes comme :
L’échange d’expériences et de connaissances.
La sensibilisation à la protection de l’eau.
La promotion de la solidarité et du dépassement des frontières.
Henry Morales souligne :
« Le point central est l’eau, mais nous voulons aussi encourager la solidarité, la sensibilité et le dépassement des frontières entre les peuples, afin qu’il y ait un partage dès l’enfance autour du thème de l’eau. »

Pourquoi ce projet est-il innovant ?
"Les Gardiens de l’Eau" se distingue par son approche holistique :
Technique : Drainage, aménagements et hydroponie pour une gestion durable de l’eau.
Social : Implication des communautés locales dans la protection de leur environnement.
Pédagogique : Sensibilisation des enfants via des aires de jeux et des échanges scolaires internationaux.
Ce projet pourrait ainsi devenir un modèle reproductible pour d’autres communautés confrontées à des enjeux similaires.
Et après ?
"Les Gardiens de l’Eau" est encore en phase de déploiement, mais les premiers résultats sont prometteurs. Pour Tzuk Kim-Pop et Terre des Hommes France, l’enjeu est clair : prouver que des solutions locales, combinées à une solidarité internationale, peuvent changer la donne pour l’accès à l’eau.
Pour soutenir ce projet ou en savoir plus sur l’engagement de Terre des Hommes France au Guatemala, rendez-vous sur notre page Guatemala.

