Note d'analyse 
LA JEUNESSE FACE À L'URGENCE CLIMATIQUE
OU LA NECESSITE DE DEFENDRE LE DROIT À UN ENVIRONNEMENT SAIN ET SÛR 

L’urgence climatique concerne particulièrement aux enfants et aux jeunes : ce sont eux qui souffrent le plus des dérèglements du climat, qui menacent leur santé, leur intégrité, leur accès à l’éducation, mais aussi leur avenir. Pourtant, alors que le droit pour tous à un environnement sain commence à être reconnu un peu partout, et très récemment en tant que droit humain fondamental par les Nations Unies, les droits des enfants vis-à-vis de leur environnement nécessitent des mesures plus fortes pour garantir leur respect. La jeunesse est aussi une force pour l’action et le changement : au-delà de questionner la Terre qui est laissée aux nouvelles et futures générations, il faut s’interroger sur les outils qui leur sont donnés dès à présent pour protéger leur avenir et celui de la planète. L’éducation et la participation active des jeunes dans les processus décisionnels sont alors deux axes d’actions majeurs pour une justice environnementale et climatique, devenue aujourd’hui un enjeu sociétal majeur.

 

Cette note d’analyse a pour objectif de mettre en lumière les différents enjeux et données sur l’urgence climatique, et ainsi donner aux lecteurs des clés de compréhension et des pistes de solutions. Il s’agit également de donner des éléments-clés sur l’impact des dérèglements du climat et des dommages écologiques sur les enfants et les jeunes, et sur la nécessaire défense de leurs droits environnementaux.

 

Le changement climatique : causes et conséquences

Le changement climatique représente un ensemble de variations dans les températures et les conditions météorologiques d’un espace donné sur le long terme. Le climat sur Terre a toujours varié ; cependant depuis le 19e siècle et la révolution industrielle, une variation beaucoup plus rapide du climat est due aux activités humaines, notamment en termes d’émissions de gaz à effet de serre (GES).

 

Bien qu'indispensables à la vie sur Terre, une concentration trop importante de GES occasionne une augmentation significative de la température moyenne à la surface du globe. Ce réchauffement encourage la désertification, la dégradation des sols, la montée des eaux, l’insécurité alimentaire et augmente la fréquence, l’intensité et la durée des événements climatiques extrêmes.

 

Les populations sont très inégalement affectées par les dérèglements climatiques. Alors qu’ils sont causés majoritairement par les activités polluantes des pays dits développés, ce sont les populations les plus pauvres et défavorisées à travers le monde, qui sont le plus vulnérables aux dommages causés, femmes et enfants en première ligne.

L’action climatique : cadre juridique et mesures politiques

La lutte pour le climat rassemble trois axes d’actions : l’atténuation du réchauffement climatique à venir, l’adaptation au réchauffement existant et inévitable, la réparation des dommages causés par les dérèglements climatiques. L’action peut se situer à toutes les échelles (individuelle, locale, nationale, internationale, au niveau des entreprises…), qui sont complémentaires, mais, le réchauffement étant est un phénomène global, il est nécessaire que les États coopèrent pour établir des normes communes et s’engagent fermement à les faire respecter. Depuis 1972 et grâce à une forte politisation des questions environnementales, les États se sont régulièrement rassemblés, construisant petit à petit un cadre international visant à garantir la protection de l’environnement et du climat. Sommets de la Terre, Conférences des parties (COP), création du GIEC[1]… tous ces espaces permettent la naissance d’accords, d’objectifs à atteindre, ou encore de décisions historiques dont le fond est repris dans le droit et les politiques aux niveaux régional, national et local. Le droit environnemental doit primer dans tous les pays.

 

Une action encore trop insuffisante

Les scientifiques du GIEC sont clairs : sans directives majeures et contraignantes en faveur de l’environnement, le nombre de victimes climatiques sera démultiplié dans les prochaines années. Malgré le travail de fond des scientifiques pour alerter sur les effets présents et à venir du dérèglement (rapports du GIEC, concepts de limites planétaires dépassées les unes après les autres, rapport 2021 du PNUE[2] sur les promesses pour le climat non tenues…), les politiques actuelles dans le monde ne permettent pas d’atteindre l’objectif de l’Accord de Paris (limiter le réchauffement climatique à +2°C d’ici la fin du siècle).

 

Pour passer à l’action à grande échelle, les scientifiques du GIEC recommandent de mettre en priorité la réduction des risques, l’équité et la justice dans les décisions prises, de faire dialoguer les échelles, les niveaux de gouvernance et les secteurs, et de favoriser la collaboration avec la société civile, les individus, et surtout les groupes les plus vulnérables.

 

Notre combat pour un droit effectif des enfants et des jeunes à un environnement sain

Les enfants et les jeunes sont les plus affectés par les dérèglements climatiques (pénuries d’eau, maladies, poumons asphyxiés, insécurité alimentaire, déplacements forcés…), et malgré de plus en plus de mesures et de textes en leur faveur, ils ne sont pas encore suffisamment protégés et pris en compte.

 

Terre des Hommes France soutient les recommandations visant à :

- Placer les droits de l’enfant au cœur des politiques environnementales,

- Protéger les jeunes défenseurs des droits environnementaux,

- Faire face à la crise climatique,

- Mettre fin à l'exposition des enfants à la pollution,

- Assurer une reprise juste et verte après la COVID-19 pour prévenir de futures pandémies.

 

TDHF demande également que le droit à un environnement sain et sûr soit renforcé par un protocole additionnel à la Convention internationale relative aux droits de l'enfant, recommande que ces mesures trouvent application non seulement pour les enfants mais également pour les jeunes, et qu’elles soient respectées et mises en œuvre par les États certes, mais également par les entreprises et tout acteur public ou privé concerné.

[1] Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Climat

[2] Programme des Nations Unies pour l’Environnement

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La question des droits environnementaux et des conséquences du changement climatique est un enjeu sociétal, humain et politique de tout premier plan.

L’environnement et les droits humains sont étroitement liés. En effet, les dégâts environnementaux menacent directement le droit à la vie, à la santé, à la sécurité, à l’eau, à l’alimentation, à des conditions de vie décentes, au logement, à l’éducation, au travail, à la culture, ainsi que les droits des peuples autochtones et des plus vulnérables.